L’île jadis

L’île jadis est une pièce inédite que j’ai écrite en 2018 sur une commande de Bertrand Fournier, comédien, metteur et en scène et directeur artistique de la Compagnie T’Atrium, à Saint-Berthevin.
J’ai ensuite souhaité écrire une suite, et j’ai donc écrit deux autres parties entre 2019 et 2022, avec le soutien d’une bourse du Centre National du Livre. J’en ai terminé l’écriture fin octobre 2022.
L’île jadis est à présent une trilogie :
– première partie : Sous le ciel jaune des matins >> Texte lauréat du Prix Kamari 2023
– deuxième partie : À l’aube du crépuscule
– troisième partie : Un nouveau jour se lève

Une super nouvelle début juin 2023 : la première partie de ma pièce « L’île jadis » (Sous le ciel jaune des matins), est lauréate du Prix Kamari 2023 ! 🥰
Si vous souhaitez voir un extrait du spectacle créé par la Cie T’Atrium, c’est par ici :
Ce prix, à l’initiative du Centre Culturel de La Ricamarie, La Buire (théâtre de L’Horme), le théâtre de Roanne, le théâtre des Pénitents (Montbrison) et le théâtre le Verso (St Étienne), est décerné par des élèves d’écoles élémentaires (CM1 / CM2) et de collèges (6ème), âgés de 8 à 11 ans, à la pièce choisie parmi les trois qui leur sont proposées tout au long de l’année scolaire. « L’île jadis » concourait auprès de « Mulu » de Delphine Peraya et de « Suspendue au néon » de Loris Liberale ».
600 enfants ont lu nos trois textes !
Un énorme MERCIIIII à tous les enfants et aux organisateurs du Prix Kamari, et tout particulièrement à Simon Grangeat, collègue auteur qui coordonne admirablement tout cela !
Et mille mercis aussi à Sandrine Monceau (Sandr Ine) et Bertrand Fournier, sans qui ce texte n’aurait peut-être jamais existé !

Site de la compagnie : T’Atrium
Interview sur Théâtre-contemporain.net : L’île jadis

Mise en scène : Bertrand Fournier
Avec : Teresa Lopez Cruz, Sandrine Monceau et Denis Monjanel
Scénographie : Blandine Vieillot
Costumes : Cécile Pelletier
Sculpture et Machinerie : Yannick Thomas
Création Lumières : Julien Guenoux
Création sonore : Jean-Philippe Borgogno
Chargée de diffusion et de production : Satya Gréau

Résumé de la première partie L’île jadis, Sous le ciel jaune des matins :
L’île n’est plus ce qu’elle était. Désolation.
Jadis, luxuriance, forêts, habitations, humains et animaux de toutes sortes d’espèces y cohabitaient.
Aujourd’hui, après les grands déluges et le feu provoqué par l’orage sans ses larmes, il ne reste presque plus rien.
Juste : un homme, Bokio ; une femme, Zhu ; quelques drôles d’animaux tandis qu’agonisent des oiseaux dans l’air chargé de funestes vapeurs ; un enfant venu d’ailleurs après les catastrophes, Notio ; et le vestige d’une ancienne statue sur la grève…
Comment se reconstruire au milieu d’un désert ?
Que nous reste-t’il lorsque des vies autour de nous se sont éteintes et que nos corps portent les stigmates d’anciennes blessures ?
Comment et pourquoi Bokio, Zhu, Notio et cette statue, tiennent-ils encore debout ?

Tournée  :
Création les 4, 5, 7 et 8  novembre 2019 (scolaires)
9 novembre 2019 à 17h (tout public) au Le Reflet de Saint-Berthevin, en collaboration avec le Théâtre de Laval
14 et 15 novembre 2019 au Théâtre Paul Scarron scène conventionnée d’intérêt national pour les écritures théâtrales contemporaines.
26 novembre 2019 au Théâtre la Cerisay -Bressuire
28 novembre 2019 à L’Espace Claire de Lune à Ernée
6 décembre à la Salle polyvalente d’Evron
23 et 24 janvier 2020  à la Salle polyvalente de Mayenne
Et durant la ​saison 2020-2021 dans le Pays de Craon.

EXTRAIT de la première partie de L’île jadis, Sous le ciel jaune des matins :

NOTIO. – ZHU ! ZHU ! Tu dors ? ZHU !
ZHU (de l’intérieur de la cabane). – Et comment ?!
NOTIO. – Quoi ?!
ZHU (apparaît une lanterne à la main). – Comment est-ce que je pourrais dormir entre toi et l’autre énergumène qui gueule toutes les nuits ?!
NOTIO. – Peut-être qu’il faut lui dire ?
ZHU. – Quoi ?
NOTIO. – Pour ses bêtes. Son troupeau de létipèdes. Il les cherche toujours tu m’as dit, après toutes ces années. Faut lui dire qu’elles sont mortes dans le feu, avec sa préférée, Dia. Peut-être qu’on aura enfin la paix, s’il sait.
ZHU. – Tu sais rien. T’as rien vu. T’étais pas encore là.
NOTIO. – Je sais mais c’est toi qui m’as dit /
ZHU. – Bokio est un fou. Voilà ce que je t’ai dit. Laisse-le. Fais avec.
NOTIO. – Je sais pas qui c’est le plus fou. Lui, ou nous qui le laissons seul avec sa peine.
ZHU. – Arrête de philosopher où je te fous une raclée !
NOTIO. – On peut pas te parler.
ZHU. – Non. Et c’est pas près de changer.
NOTIO. – Mais qu’est-ce qu’il faudrait pour que tu /
ZHU. – Ça suffit ! C’est moi l’adulte !
NOTIO. – Et alors ?
ZHU. – Insolent ! Attends voir que je te /
NOTIO. – C’est bon c’est bon, j’arrête ! Tu m’aides ?
ZHU. – Qu’est-ce que c’est que ça ?
NOTIO. – Les claficornes !
ZHU. – Tout ça ?! Elle rit bruyamment, toute à sa joie.
NOTIO. – C’est la dernière fois ! Zhu vient vers lui et charge un sac sur son dos. Tu m’entends ?!
ZHU. – Suis pas sourde ! Elle tousse.
NOTIO. – Tu dis rien ?
ZHU. – Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? T’as pris le coup, c’est tout. Brave gars. T’es tombé sur une famille probablement. Elle rit, comme tout à l’heure.
NOTIO. – Une famille, prise aux pièges, oui, c’est ça. Mais pas de mes mains. Je prends pas le coup, rien du tout. Je veux pas je t’ai dit ! C’est les siennes.
ZHU. – Quoi les siennes ?
NOTIO. – Celles de Bokio.
ZHU. – Tu as volé ses claficornes ?!
NOTIO. – Oui. Dans ses pièges.
ZHU (le gifle). – Bon à rien !
Le masque à oxygène vole, Notio tombe et tousse.
NOTIO. – J’arrête pas de dire. T’entends rien, je veux plus ! Je veux plus, tu m’entends ?! Il pleure.
ZHU. – Même pas la moitié d’un homme.
NOTIO. – J’ai huit ans, tu te souviens ?!
ZHU. – Ramène-les.
NOTIO. – Quoi ?
ZHU. – Ramène-les où tu les as trouvées.
NOTIO. – J’ai peur.
ZHU. – De quoi ?
NOTIO. – Du noir, tu sais bien !
ZHU. – Justement. Ça te dégourdira.
(…)