Comment s’est créée la vie ? Où étions-nous avant de naitre ? Comment s’est créé l’univers ? Qu’est-ce que la vie ? Et la mort ? La justice ? La loi ? La vérité ?…
Toutes ces questions surgissent de la bouche des enfants dans des moments parfois inattendus. Elles sont le début d’une réflexion philosophique où chacun·e peut examiner, émettre, comprendre, interroger des hypothèses. Nous avons proposé à des auteurs et des autrices de théâtre de s’imprégner de cet étonnement et d’esquisser des horizons à explorer par la fable théâtrale. Autre manière d’examiner le monde par soi-même et de construire petit à petit sa liberté de penser.
« HABITER » : c’est la seule consigne laissée aux enfants de l’atelier théâtre pour préparer une improvisation. Mais où habite-t-on ? Sous un toit ou sur la canopée, au pied des vignes de son grand-père ou dans une ruche ? Et comment traiter ce vaste sujet en si peu temps ?
En laissant libre cours à la parole de ses personnages, Sabine Tamisier embarque les enfants dans une réflexion ludique et poétique sur leur manière d’habiter le monde et d’y faire du théâtre.
J’ai écrit ce texte inédit pour la Cie Le Bel Après Minuit en juillet 2021 et la Compagnie l’a créé à l’automne 2021 en région parisienne.
Mise en scène : Bénédicte Guichardon Objets : Bénédicte Guichardon et Odile Stemmelin Distribution : Nathan Chouchana Régie : Antoine Cadou en alternance avec Thomas Rouleau-Gallais Production : Compagnie Le bel après-minuit Avec le soutien du Théâtre de Chevilly-Larue – André Malraux, de L’Ecam – Le Kremlin Bicêtre du Théâtre Jean Arp – Clamart
Un jeune homme en pull blanc, bien trop court pour lui. On voit son nombril. Pantalon de lin ou de jute. Pieds nus. C’est le Petit. Il nous regarde et danse en silence, des gestes doux, répétitifs, s’accélèrent, ralentissent, saccades, envolée, un arrêt.
LE PETIT. – Vous entendez ? Non ? Ça va venir, écoutez, tendez l’oreille ! Il reprend sa danse. Envolées, gestes doux, répétitifs, ralentissent, s’accélèrent, des saccades.
Une sorte de musique au loin, celle des sons cadencés d’une machine ?
LE PETIT. – Là, vous entendez ? Oui ? Il reprend sa danse sur cette drôle de mélodie. Il s’arrête. Ça vous rappelle rien ? Non ? C’est normal c’est pas / pas courant comme / Moi oui. Un flot de souvenirs, tellement.
Il reprend sa danse, elle devient plus rapide, se précise, prend de la place, dessine dans l’espace des mouvements de droite à gauche, dans un sens et puis l’autre. La drôle de musique s’amplifie, la danse aussi. Le Petit fait des sons avec ses mains sur son corps, il frappe de ses pieds le plateau, il s’élance et retombe, un peu maladroitement. Il se pose, masse son pied. La musique faiblit peu à peu.
LE PETIT. – « T’as fini d’gigoter ?! » elle m’aurait dit Mamie. « Tu vas encore te faire mal ! » Mamie elle pouvait pas gigoter. Elle était tombée elle aussi, une fois, une seule, avec mon papi berger, et depuis, elle avait une jambe raide. « Elle veut plus rien savoir !», elle disait, « Fichue guibole, elle sait juste les pédales de Bergljot ! ».
Il se lève, reprend quelques mouvements en silence, il s’arrête.
Bergljot c’était sa machine, son métier à tisser. Un prénom, elle lui avait donné parce que pour elle c’était plus qu’un objet, une sacrée compagnie. Mamie. C’est pour elle que je danse. Pour elle j’aimerais, je voudrais, devant tous, une danse, en sa mémoire, le jour de son enterrement.
C’est demain. « Drôle d’idée » y vont m’dire mes frangins. « Un original toi, jamais pareil comme tout le monde, faut toujours qu’tu ramènes ta fraise d’une façon ! ». MA façon oui, et j’suis sûr qu’elle plairait à grand-mère. C’était pas une causante, une bavarde, une pipelette non. Les mots, ils lui faisaient peur je crois bien. Alors les discours, les au revoir en grandes pompes, non. Elle aimait le silence. Enfin, un silence plein de sons et de mouvements : ceux de la nature et puis ceux de Bergljot.
Aux aurores elle se levait, comme papi d’ailleurs. Mais lui, quand je me levais, il était déjà parti nourrir puis promener ses bêtes. Elle, elle était là, près de la fenêtre ouverte sur la garrigue, une lampe allumée, ses lunettes grossissantes sur son nez, assise devant son ouvrage. Ses mains allaient d’un côté et de l’autre, tenaient la navette d’où se déroulaient le fil du dévidoir et ses pieds pianotaient les pédales de l’engin. C’est cette douce mélodie qui me tirait de mon lit.
Et aussi, celle des sonnailles des moutons, des brebis et des chèvres de papi au loin, ses cris pour les rassembler. Les aboiements de Mila et Django, ses fidèles compagnons : une border collie noire et blanche toute fine, et un berger de La Crau qui était aussi grand que moi à l’époque. Et puis celles du merle, du coucou, des martinets, des hirondelles, des corneilles, des tourterelles et là, tapis dans les herbes, toute une symphonie d’insectes chanteurs démarraient leur journée : cigales, sauterelles, criquets, ils s’en donnaient à cœur joie. J’adorais ça.
Il se remet à danser sur cette symphonie imaginaire.
« Aimé sur le seuil » est une pièce pour deux acteurs (un homme/une femme), que j’ai écrite en 2013, suite à une commande d’écriture du Centre Culturel André Malraux-Scène Nationale de Vandoeuvre Les Nancy, dans le cadre de son partenariat avec le Théâtre Universitaire de Nancy pour l’évènement «Autour du Théâtre Contemporain », édition 2013.
Ce texte est pour moi une suite à mon texte « Casa nostra », publié dans la revue Nioques#5 en 2006.
Il est inédit à ce jour, cependant téléchargeable sur le site des Éditions Théâtrales.
Je l’ai mis en espace en février 2013, avec les élèves du Théâtre Universitaire de Nancy, puis la pièce a été créée en décembre 2018, par la Cie de Théâtre Amateur les Les Tréteaux du Charrel (Aubagne). Mise en scène : André Ori. Avec : Nathalie Beaumond et Sébastien Simonin.
Extrait du texte : Il pleut sur une ville. Et dans cette ville comme dans mille autres, il y a un immeuble. Et dans cet immeuble comme dans tant d’autres, il y a un homme, il y a une femme.
Il y a Héloïse et Aimé.
AIMÉ. – Excusez-moi.
Héloïse ?
Héloïse ?
HÉLOÏSE. – Oui ? Qui ?
AIMÉ. – Excusez-moi Héloïse je
HÉLOÏSE. – Qui ?
AIMÉ. – Le dessus. Le voisin. Le voisin du dessus.
HÉLOÏSE. – Comment ? Comment est-ce que ? Comment est-ce que vous savez mon nom ? AIMÉ. – C’est écrit.
HÉLOÏSE. – Hein ?
AIMÉ. – C’est écrit LÀ, dehors.
HÉLOÏSE. – Ah. Oui. Suis-je bête. Je croyais
AIMÉ. – Héloïse ?
HÉLOÏSE. – Oui ?
AIMÉ. – Héloïse je
HÉLOÏSE. – Oui ?
AIMÉ. – Auriez-vous par hasard, je ne voudrais pas vous importuner mais
HÉLOÏSE. – Oui ?
AIMÉ. – Auriez-vous par hasard, dans l’un de vos tiroirs
HÉLOÏSE. – Mes tiroirs ?
AIMÉ. – Ou placards ou armoires ou buffets tables de nuit, que sais-je moi
HÉLOÏSE. – Mais enfin
AIMÉ. – Auriez-vous par hasard, de la COLLE À BOIS ?
Silence
HÉLOÏSE. – C’est pour ça ?
AIMÉ. – Hein ?
HÉLOÏSE. – C’est pour ça que vous venez me voir ?
AIMÉ. – Oui.
HÉLOÏSE. – Je croyais
AIMÉ. – Hein ?
HÉLOÏSE. – Rien. Je disais
AIMÉ. – Comment ? Héloïse vous
HÉLOÏSE. – Oui ?
AIMÉ. – Je ne vous entends pas, bien. Pas très bien. Auriez-vous
HÉLOÏSE. – Oui ?
AIMÉ. – Auriez-vous l’amabilité de
HÉLOÏSE. – Quoi ?
AIMÉ. – D’ouvrir la porte.
HÉLOÏSE. – Hein ?
AIMÉ. – La PORTE.
Éditions théâtrales, 2009.
Pièce lauréate du Prix d’écriture Théâtrale de la Ville de Guérande et des Journées de Lyon des auteurs de Théâtre en 2009.
Mise en lecture pour la première fois au Festival Les Actuelles de Strasbourg, par Francis Freyburger, puis en 2009, dans le cadre des 20èmes journées de Lyon des Auteurs de Théâtre, par Philippe Labaune.
La pièce a été créée en novembre 2010 au TAPS Gare de Strasbourg,
par le Théâtre de La Cruelle.
Mise en scène : Francis Freyburger.
Avec : Jade Collinet, Jack Reinhardt, Pierre Henri, Pascale Lequesne, Jeremy Lirola (musicien).
Scénographie : Gérard Puel
Costumes : Mechtchild Freyburger
Création lumières : Sophie Baer
Création sonore : Olivier Meyer et Jérôme Rivelaygue
C’est avec grand plaisir que j’anime depuis plusieurs années des ateliers d’écriture théâtrale, ou sur d’autres thématiques imaginées en lien avec les organisateurs des ateliers, ainsi que des ateliers de lecture à voix haute.
Que ce soit lors d’un atelier avec des adultes, des enfants ou des adolescents, en maison de retraite, écoles, collèges, lycées ou associations diverses, c’est toujours un bonheur de voir surgir les univers de chacun, d’entendre la multitude des styles et ce que l’écriture révèle de notre intimité et de notre rapport au monde…
Si vous souhaitez mettre en place un atelier dont je serais l’animatrice dans votre structure, ou pour un groupe d’ami.e.s à votre domicile, n’hésitez pas à me contacter, je serais ravie d’échanger avec vous pour envisager cette animation :06 12 26 58 66 ou par mail : tamisiersabine@gmail.com
J’écris essentiellement pour le théâtre et mes ateliers sont en majorité tournés vers l’écriture théâtrale, je peux cependant intervenir pour d’autres genres littéraires (récits, poésie…).
ATELIERS 2026 :
ATELIER D’ÉCRITURE THÉÂTRALE chez Sabine à Aubagne : « THÉÂTRE ET RENCONTRE et / ou RUPTURE AMOUREUSE » DIMANCHE 22 FÉVRIER 2026 de 10H À 13H et de 14H À 17H Ouvert à 6 personnes (tout public à partir de 16 ans).
« Écrire sur ce qui constitue une grande part du répertoire théâtral d’hier et d’aujourd’hui : la rencontre amoureuse, la traversée du quotidien, jusqu’à la rupture ou l’aventure du « vieillir ensemble », et s’essayer ainsi aux différentes prises de paroles possibles au théâtre : le dialogue, le monologue, le chœur, les didascalies. Partager joyeusement les textes écrits en lecture à voix haute et découvrir au fil de la journée quelques textes de la multitude d’auteurs et autrices ayant écrit sur ce sujet ».
TARIF : 70€ la journée. L’atelier n’aura pas lieu si le groupe n’est pas composé d’au moins 4 personnes.
Chèque d’arrhes de 30€ à l’inscription (encaissé seulement en cas de désistement).
Renseignements et inscriptions jusqu’au 6 février 2026 auprès de Sabine :
06 12 26 58 ou par mail : tamisiersabine@gmail.com
ATELIER D’ÉCRITURE THÉÂTRALE SUR 2 JOURS, chez Sabine à Aubagne : « THÉÂTRE ET POÉSIE » SAMEDI 25 ET DIMANCHE 26 AVRIL 2026 de 10H À 13H et de 14H À 17H Ouvert à 6 personnes (tout public à partir de 16 ans).
« Chercher le jaillissement de la poésie, en même que sa propre langue d’auteur / d’autrice, par le choix des mots, la façon de les agencer, de ponctuer son texte, de le rythmer et de le disposer sur la page. Inventer une parole qui diffère de celle que l’on utilise chaque jour, la mettre au service d’une histoire pour la scène, et s’essayer ainsi aux différentes prises de paroles possibles au théâtre : le dialogue, le monologue, le chœur, les didascalies. Partager joyeusement les textes écrits chaque jour en lecture à voix haute et découvrir au fil des journées comment d’autres auteurs et autrices ont écrit ce que l’on peut nommer aujourd’hui : des poèmes dramatiques ».
TARIF : 140€ pour les deux jours. L’atelier n’aura pas lieu si le groupe n’est pas composé d’au moins 4 personnes. Chèque de caution de 60€ à l’inscription (encaissé seulement en cas de désistement).
Renseignements et inscriptions jusqu’au 10 avril 2026 auprès de Sabine :
06 12 26 58 ou par mail : tamisiersabine@gmail.com
ATELIER D’ÉCRITURE THÉÂTRALE SUR 3 JOURS, chez Sabine à Aubagne : « THÉÂTRE ET COMÉDIE » SAMEDI 4, DIMANCHE 5 JUILLET 2026 de 10H À 13H et de 14H À 17H Ouvert à 6 personnes (tout public à partir de 16 ans).
« Partir du souvenir d’une situation qui nous a fait rire ou sourire, alors même que le moment ne s’y prêtait pas du tout. La déployer sous la forme d’une courte fiction en cherchant comment provoquer ce rire chez le spectateur : situation, personnages, vocabulaire, phrasé… et s’essayer ainsi aux différentes prises de paroles possibles au théâtre : le dialogue, le monologue, le chœur, les didascalies.
Partager joyeusement les textes écrits chaque jour en lecture à voix haute et découvrir au fil des journées comment d’autres auteurs et autrices ont su nous faire rire ou sourire ».
TARIF : 140€ pour les deux jours. L’atelier n’aura pas lieu si le groupe n’est pas composé d’au moins 4 personnes.
Chèque de caution de 60€ à l’inscription (encaissé seulement en cas de désistement). Renseignements et inscriptions jusqu’au 19 juin 2026 auprès de Sabine :
06 12 26 58 ou par mail : tamisiersabine@gmail.com
LES ORGANISATEURS DES ATELIERS PASSÉS ET/OU EN COURS…
Mairie et CCAS de Meyreuil
Ma Maison Bien-Être / Ligue contre le cancer 13, Marseille
Idéethèque des Pennes-Mirabeau
Ville de Marseille, Bibliothèque du Panier
Compagnie En Avant-Scène, Marseille
Collège Simone de Beauvoir, Vitrolles
Théâtre du Bois de L’Aune, Aix-en-Provence
Association Ornicarinks, Peyrolles
Lycée Val de Durance / Médiathèque Les Carmes, Pertuis
Bibliothèque Universitaire des Fenouillères, Aix-en-Provence
Badaboum Théâtre, Marseille
Théâtre de La Colonne, Miramas
Association Culture du Coeur, Marseille
Collège Anatole France, Marseille
Théâtre Joliette-Minoterie, Marseille
Compagnie Les Passeurs, Briançon
Médiathèque Municipale, Bollène
La Chartreuse-Centre National des écritures du Spectacle, Villeneuve-Lez-Avignon
Le LABO des Histoires PACA
Lycée Rouvière, Toulon
Peuple et culture, Marseille
Lycée Duby, Luynes
Collège Marie Mauron, Pertuis
Festival des Nuits de L’Enclave, Valréas.
Théâtre Massalia, Marseille
Orphéon Théâtre, La Seyne sur Mer.
MA Scène Nationale de Montbéliard.
Théâtre du Pélican, Clermont-Ferrand.
Théâtre Liberté, Toulon.
Théâtre Universitaire de Nancy-Festival « Autour du Théâtre Contemporain ».
Centre Culturel Cucuron-Vaugines.
Théâtre Comoedia, Aubagne.
Bois de L’Aune, Aix-en-Provence.
Compagnie Des Passages, Marseille : ateliers au lycée de Gardanne.
Compagnie Senna’ga : ateliers dans des collèges des Bouches du Rhône.