Galino

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Éditions Théâtrales, 2013
Galino est né d’une commande d’écriture du Théâtre de La Tête Noire de Saran-Scène conventionnée pour les écritures théâtrales contemporaines, au sein de son dispositif « Partir en écriture ». La thématique était : le secret et l’intime. Est-ce que je parle du monde quand je parle de moi ?

J’ai choisi d’écrire ce texte, hommage à mon père, mais aussi à ma famille et aux amis.
Il raconte un pan de sa vie au Plateau d’Assy, et les trois derniers jours avant sa mort, à Villelaure…

La pièce a été créée en février 2016 par la Cie Moitié Raison-Moitié Folie à Chamonix.
Mise en scène et direction artistique : Nathalie Chemelny
Avec : Matthieu Montagnat et Francis Freyburger.
Création lumières : Emma Quéry.
Création musicale et technicienne son : Aurélie Granier.

Projections / Photos / Vidéos : Léa et Benjamin Grégoire.
Plus d’infos sur le spectacle : Moitié Raison-Moitié folie

Liens vers des articles de presse :

Papa coq


Extrait du texte  :

Villelaure. Mercredi 19 août 2009.
La nuit avant le jour où.

Galino. – Petit Lo ? Tu es là ? C’est la nuit ? J’entends plus. Tes PAS. C’est la nuit, déjà ? Alors, alors ça veut dire, pour bientôt ? Demain ? Quel jour on est ? JE SAIS PLUS. Il fait chaud.
NINE !
MA NINE !
Rien qui sort. Je m’entends, seulement dedans.
Elle vient. Elle est LÀ.
Oui, oui, je me calme, ma Nine, je me calme.
Tes MAINS, ça me fait du bien.
Oui, oui. Je peux pas ouvrir, mes yeux, collés.
Tu m’entends ?
Tu m’entends ?
Oui, oui. J’arrête. J’arrête de les faire trembler, mes jambes, oui.
Tes mains sur mes genoux, tu dis
Là, là, calme-toi chéri, calme-toi. C’est la nuit, faut dormir.
C’est pour ça qu’il est plus là, mon petit, à côté.
Tu me dis – comme si tu m’entendais – tu dis
Il est là. Juste à côté, dans sa chambre. Il reste avec nous cette nuit, calme-toi.
Calme-toi mon amour.
Je me calme. Je me calme. C’est que. J’ai pas fini. J’ai pas fini de dire et je SAIS.
Quelques heures maintenant. Je le SAIS.
Il en manque deux. La petite et le grand.
Je peux pas PARTIR, COMME ÇA, sans EUX.
Ma petite et mon grand.
Je CONTINUE.
Je CONTINUE ma Nine, dans ma tête
TOUT. Ça me tient.
Tout ce que je ne vous ai pas dit
à toujours vouloir faire, le DUR.
Aujourd’hui, je raconte.
Dans ma tête, je RACONTE.

Plus d’infos : Éditions Théâtrales, 2013

Le(s) botanimenteur(s)

Commande d’écriture du Cirque végétal (Dijon) de Lucas David, artiste botanographe
Pièce créée par le Cirque végétal en 2015 au jardin botanique de Meise (Belgique).
Conception, mise en scène : Lucas David
Interprétation : Nathalie Rjewsky
Direction de clowns : Adèll Nodé-Langlois
Ecriture : Sabine Tamisier
Conseillers  botaniques : Francis Hallé, Koen Es, Valérie Charavel
Conseiller paysager : Yvan Misset
Impressions végétales : Sandrine De Borman
Suivi Communication : Franck Hidvegi
Traduction : Théo Hijzen.

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A mi chemin entre le clown, le philosophe, le botaniste et le  montreur de foire, le(s) Botanimenteur(s) conduisent, sur un jardin existant, des visites détournées et dévoilent les prouesses du monde végétal aux imprudents visiteurs…

Plus d’infos sur le spectacle :  Lucas David, artiste botanographe

Extrait du texte :
(…)
LE BOTANIMENTEUR. –
Nous avons fait quelques pas, tout juste, mais quel bond temporel !
Nous voici au Carbonifère, il y a 355 millions d’années.
Ces plantes, dont je vous parlai à l’instant, ces toutes premières plantes terrestres qui étaient plutôt comme des herbes et non encore des arbres – ces plantes, tels les trapézistes s’élançant vers le ciel, ces PLANTES donc, entamèrent une course vers la lumière, une véritable compétition pour se gorger de soleil et effectuer la photosynthèse !
C’est ainsi que surgirent les premières forêts, oui… Et l’apparition de véritables phénomènes du monde végétal -là aussi, à jamais inconnus pour nous autres humains puisque nous n’existions pas encore ! Et nous avons cette chance, dans cette traversée du temps, de les avoir aujourd’hui sous nos yeux !
Voici donc, trois phénomènes majeurs du Carbonifère.
Tout d’abord, LES PRÊLES ! Leurs ancêtres sont les CALAMITES. La croissance de leur tige se fait par emboîtement. Elles pouvaient atteindre jusque 20 mètres de haut ! Elles ont développé une extraordinaire capacité à subsister sur des terrains difficiles, par tous les temps. Et c’est là leur prouesse ! Jamais leur corps sans fleur ni feuille ne plie, il reste droit, vertical, dressé vers le ciel ! Quelques variétés subsistent de nos jours mais ce sont des naines, comparées à celles de cette lointaine époque ! Nous avons la chance d’avoir devant nous la prêle géante du Mexique qui peut monter jusqu’à 7,2 m de haut…

(…)

Nina ? (Epilogue)

Lendemains pour La Mouette d’Anton Tchekhov

413blbbx4nlNina est à Yelets et joue Ophélie dans Hamlet. Ce soir, le journal lui annonce la mort de Treplev qui l’a aimée et qu’elle a laissé. Il fait nuit, il neige. Nina part.

Elle croise ceux qui l’ont connue : Arkadina, Trigorine, Medvedenko, Dorn… Nina est traversée par leurs voix. Fantômes ou rencontres ? Traverses. Elle marche, chute, se relève, à l’aube arrive et rage. Rend ce qu’elle doit à Treplev pour encore marcher, avancer, jouer et se tenir debout, longtemps.
Un monologue parcouru de voix, des fantômes, Hamlet, La Mouette, Tchekhov… c’est un hymne au théâtre.

C’est une déclaration d’amour à Nina, archétype du personnage tchekhovien et de l’actrice engagée. Une partition majeure et une écriture empathique qui laisse sourdre l’exaltation russe.

« Nina ? (Épilogue) » a été créé le 1er juillet 2022, à La Pause Bistrot Autrement à Chaillé sous les ormeaux.
Mise en scène : Philippe Lebas.
Jeu : Margot Mornet.

A commander :

Les blés

Les Blés est publiée dans le recueil « Le Monde me tue », Éditions Espaces 34, (2007).
C’est une pièce courte d’une trentaine de minute, écrite sur une commande des Éditions Espaces 34 et de l’ENSATT (École Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre-Lyon), aux élèves « sortants » de la première promotion du Département Écrivains Dramaturges de l’ENSATT, à partir d’une phrase extraite du film « Accatone » de Pier Paolo Pasolini :
« Ou le monde me tue, ou je tue le monde ».

Elle a été créée en juin 2007 à l’ENSATT, par les jeunes comédiens, scénographes, costumiers et régisseurs de l’école, dans une mise en scène de Guillaume Delaveau.

Les Blés a également été mise en scène par Philipe Labaune en juin 2009 au au Nouveau Théâtre du Huitième, avec des élèves de terminale du lycée Belmont, à Lyon. 

Extrait :

Mère. – Iliana ? Qu’est-ce que tu fais ? Iliana ? Il n’y a pas de lune il fait sombre tu vas me faire tomber, Iliana. Je t’ai entendu parler. Avec qui ? Avec qui tu es Iliana? Ton lit. Vide. Ton père. Ca ne lui ressemble pas il dit. Ca ne lui ressemble pas. Sortir. Dans la nuit. Iliana qu’est-ce que tu fais ? Pourquoi est-ce que tu ne me réponds pas Iliana ? Ce champ Une cabane ? Tu as emmené tes poupées ? Tu joues Iliana ? Tu te souviens ? -ça pique. Rappelle-toi je te disais / le blé. Ne couche pas le blé vilaine. On n’aura plus de pain. On n’aura plus de pain et il faudra te manger.
Iliana. – Ne m’approche pas !
Mère. – Tu vas attraper froid.
Iliana. – C’est l’été.
Mère. – Il se lève.
Iliana. – Je ne joue plus maman.
Mère. – Ton père Iliana. Il arrive. Il cherche son fusil. Il s’inquiète, tu le connais.
Iliana. – Je ne viendrai plus sur ton épaule
Mère. – Il ne le trouve pas. Il ne sait plus où il a mis son fusil.
Iliana. – Noyer tes jours
Mère. – Il sera malade. Il prendra mal. Tu vas lui faire prendre mal. Tes sottises -ça pique. Où es-tu ? Pas toujours été. Petite tu. Tu n’as pas toujours été comme ça. Qu’est-ce qui t’as changée comme ça ? Qui ? Ces gens. Tu as dû rencontrer des gens ils. Tu ne me dis pas tout. Du mal. Est-ce qu’ils t’ont fait du mal ? Tu ne me dis pas tout. À ta mère, tu ne dis pas tout. Aux étrangers, tu dis.
Iliana.- Je pars

Les Appalaches

Texte inédit.
Les Appalaches
est né d’une commande d’écriture de la Comédie de Valence, aux élèves du département Écrivains Dramaturges de l’ENSATT en 2005, sur le thème de la fugue.
Bien qu’il ait été écrit en premier, ce texte constitue le troisième volet d’une trilogie dont les deux premiers sont Casa nostra et Aimé sur le seuil dans lesquels on peut suivre trois étapes de la vie d’Héloïse.

Il a été créé en mai 2005 à la Comédie de Valence, dans une mise en scène de Michel Raskine, pour le Festival Temps de Parole.

Les Appalaches ont également été mis en scène par Philipe Labaune en juin 2009 au au Nouveau Théâtre du Huitième, avec des élèves de terminale du lycée Belmont, à Lyon. 

Extrait :

Un parc. Crépuscule. Cris d’enfants au loin. Il fait très froid. Banc. Pigeons. Le vent.
Au sol, face au banc, une grande plaque blanche avec des noms. Monument aux morts.
Héloïse est assise. Robe blanche, manches courtes, cheveux lâchés.
Coiffée et maquillée comme pour le bal. Un sac en plastique pend à son poignet gauche.
Ses pieds, nus, dans une bassine pleine d’eau. Elle attend.
Puis elle ouvre le sac plastique et jette du pain aux pigeons.
Louis est assis à ses côtés. Couvert, agité. Ils ne se regardent pas.

Silence

Louis. – Je tire un trait sur le passé j’ai dit. J’ai dit ça. Il rit. Je tire. Un trait. Sur le passé.
Et j’ai pleuré –Fsssiiiit- (geste de la main) Avec le trait. Sur le passé. Il rit.

Héloïse appelle les pigeons. Il la regarde.

Louis. – Les temps sont gris. J’ai tes mollets sur l’estomac.

Héloïse appelle les pigeons

Louis la regarde.

Louis. – Le Titanic, je lui ai dit. Il rit. Silence. Mes pieds, sur ton pallier. J’ai dit mes pieds –Fssiiit- (geste de la main). Une certitude. Elle n’a pas bronché. Ses yeux, comme deux lanternes. Je ne suis pas l’ombre d’une serpillière j’ai dit. Tout ton sommeil sur mon épaule. Les craques. Mon arbalète et mes fléchettes, oublie.

Héloïse appelle les pigeons

Louis. – Je prends la poudre. —– D’escampette. La poudre.
Et j’ai filé. Comme une grosse maille sur un collant ou pull jacquard. J’ai filé.
C’est fou hein ? Fou.

Casa Nostra

Casa Nostra. Éditions le Mot et le Reste (2009), Revue Nioques # 5. (Épuisé). Téléchargeable sur liste de Théâtrales.

Ce texte a été lu pour la première fois par l’autrice au Festival La Mousson d’Été à Pont-à-Mousson en 2006.
Il constitue le premier volet d’une trilogie dont les deux autres  volets sont : Aimé sur le seuil et Les Appalaches.
Casa nostra été créé par l’autrice en février 2008 à la Bibliothèque Départementale de Prêt du Vaucluse. S’en sont suivies une trentaine de représentations dans des bibliothèques du Vaucluse et des Bouches-du-Rhône, au Théâtre du Petit Matin, à Montévidéo, aux Bancs Publics (Marseille), au Centre Pénitentiaire du Pontet, au Théâtre de Cavaillon-Scène Nationale, au Théâtre Antoine Vitez (Aix-en-Provence), au Théâtre Liberté de Toulon.

Pour la direction d’acteur, l’auteur-comédienne a reçu l’aide précieuse, à différentes étapes du travail de :
Enzo Cormann (auteur, comédien, metteur en scène, responsable du département écriture de l’ENSATT), Dominique Laidet (comédien, enseignant dans le cadre du département écriture de l’ENSATT), Nanouk Broche (comédienne, metteur en scène de la Cie Ma Voisine s’appelle Cassandre-Marseille), Mireille Guerre (metteur en scène, co-directrice du Théâtre des Bernardines Marseille) et Hubert Colas (auteur, metteur en scène, co-directeur de Montévidéo-Marseille).

La Cie Si tu m’apprivoises (La Valette du Var) l’a ensuite créé en novembre 2015 au Théâtre Marélios de La Valette du Var.
Mise en scène : Réveline Fabre.
Avec : Vanessa Moskokovski.
Scénographie : Lucie Chevalier.

EXTRAIT VIDÉO LECTURE  PAR L’AUTRICE :
Casa nostra

Extrait du texte  :

Oui mais / c’est dit / je dis c’est dit là moi c’est dit mais / c’est pas dit / c’est pas dit c’est / c’est pas dit là je veux dire je / seulement tourne autour de toi je / MARMELADE je / sourires oui sourires mais / mes yeux ils pépitent pépitent ailleurs ils
tombent ils / cailloux / ils /creusent les cailloux du sol avec mes pieds ils / juste quand toi tu es là / juste quand lui / là / contre / tout près de moi / ils / juste mes yeux / percent les malons ou l’herbe ou ou ou la terre
ILS BAISENT LA TERRE MES YEUX ILS trois tonnes mes paupières elles / pèsent ! Des / COUVERCLES Elles / HONTE! elles / fuient! elles / SOMMEIL!

Ses mains
Il posera ses mains sur la soucoupe Il tournera le sucre / la la / cuillère là dans le sucre et il dira / il me dira :
Ho
Hello
Héloïse ?
HÉLOÏSE !

Et là je je / SURSAUT
Parce que brûlure / parce que ses yeux / parce que c’est / IM / POSS / SSIBLE de le regarder!
Parce que ses mains / parce que / ses paumes / les paumes de ses mains / juste ses paumes / m’étais noyée là dans ses paumes / m’étais perdue / m’étais poème là dans ma tête disais /               / :
Tes paumes sur mes mains tes paumes sur mes fesses tes paumes sur mes lèvres tes paumes sur mes lèvres tes paumes sur mes lèvres tes paumes / tes paumes sur mes habits tes paumes sur mes seins tes paumes sur mon cou tes paumes sur mes joues tes paumes / tes paumes sur mon chat tes paumes sur mon beurre tes paumes sur mon lit tes paumes sur ma tasse tes paumes dans mes fleurs tes paumes sur ma nappe tes paumes sous mon toit tes paumes dans ma douche tes paumes dans ma cour tes paumes dans mon placard tes paumes dans ma salade tes paumes / tes paumes de velours tes paumes mon amour tes paumes mon amour tes paumes mon amour / tes paumes tes paumes tes paumes pom pom pom pom / pom pom pom