Le Refuge

Article sur le site Encres Vagabondes : http://www.encres-vagabondes.com/theatre/tamisier2.htm

Comment s’est créée la vie ? Où étions-nous avant de naitre ? Comment s’est créé l’univers ?
Qu’est-ce que la vie ? Et la mort ? La justice ? La loi ? La vérité ?…

Toutes ces questions surgissent de la bouche des enfants dans des moments parfois inattendus.
Elles sont le début d’une réflexion philosophique où chacun·e peut examiner, émettre, comprendre, interroger des hypothèses.
Nous avons proposé à des auteurs et des autrices de théâtre de s’imprégner de cet étonnement
et d’esquisser des horizons à explorer par la fable théâtrale. Autre manière d’examiner le monde par soi-même et de construire petit à petit sa liberté de penser.

« HABITER » : c’est la seule consigne laissée aux enfants de l’atelier théâtre pour préparer une improvisation. Mais où habite-t-on ? Sous un toit ou sur la canopée, au pied des vignes de son grand-père ou dans une ruche ? Et comment traiter ce vaste sujet en
 si peu temps ?

En laissant libre cours à la parole de ses personnages, Sabine Tamisier embarque les enfants dans une réflexion ludique et poétique sur leur manière d’habiter le monde et d’y faire du théâtre.

Lire un extrait : https://lamaisontheatre.eu/les-cahiers-theatre/petite-philo-pour-grands-matins/

Éclipses

Éclipses est une comédie-dramatique à ce jour inédite que j’ai co-écrite avec Sophie Lannefranque, pour la Compagnie Les Passeurs (Briançon). Elle a été créé les 9 et 10 janvier 2024 au Théâtre du Briançonnais (05) et le 12 janvier au Théâtre Municipal de Pertuis (84).

Un chalet isolé est à vendre. Trois femmes le visitent.
Annette, l’écolo du pays, Gaby, la kiné extrasensorielle, et Simone, Professeure agrégée de l’Université. Dehors la nuit s’est faite plus dense, la tempête de neige plus violente, et l’agente immobilière n’arrive pas…
La nuit sera longue dans le vide des montagnes.
Elles devront s‘entraider et apprivoiser leurs mystères. Se découvrir unies par les luttes et les rires.
Dans cette nuit incertaine qui les assemble jusqu’au vertige, elles se révèlent leurs dépendances intimes, des plus futiles aux plus tragiques, passant de l’ombre à la lumière.
Jusqu’à danser sur l’horizon…

TEXTE de Sophie Lannefranque et Sabine Tamisier
MISE EN SCENE de Lucile Jourdan et Anne Cantineau
REGARD EXTÉRIEUR : Sébastien Valignat
JEU : Stéphanie Rongeot, Gentiane Pierre, Lucile Jourdan
SCÉNOGRAPHIE / VISUELS : Isabelle Fournier
LUMIÈRES : Catherine Reverseau
SON: Myrtille Arurault
REGIE PLATEAU : Nicolas Thibault
ASSISTANT MISE EN SCENE / PRODUCTION :  Alain Fillit
CONCEPTION / PRODUCTION : Compagnie Les Passeurs
COPRODUCTION : Les Arts d’Azur – Le Broc (06), Théâtre du Briançonnais – Briançon (05), La Passerelle-Pont-de-Menat (63)
Avec les soutien de : DRAC Paca, Région Sud, Département 05, Spedidam

Princess Miranda

J’ai écrit ce texte inédit en 2020-2021 pour la Cie En Avant-Scène de Géraldine Baldini (Marseille).

Il a été crée en octobre 2022 au Théâtre 108 à Aix-en-Provence.

Texte de Sabine Tamisier, d’après une idée originale et en complicité artistique avec Géraldine Baldini
Mise en scène et interprétation : Géraldine Baldini
Textes et musiques des chansons : Laurent Solférino
Tout public à partir de 9 ans.

« Miranda est une jeune autrice compositrice interprète, venue dans sa ville natale ce soir là, donner un concert. Mais un évènement bouleverse l’ordre de cette soirée, et vient douloureusement lui rappeler son enfance et son passé de jeune femme en lutte avec son apparence, son obésité. Elle va délicatement et avec humanité nous transmettre son histoire, qui peut être celle de tout un chacun. » Géraldine Baldini.

Page Facebook de la Cie : https://www.facebook.com/EnAvantScene

Un petit extrait :

Une scène presque vide, juste un synthétiseur et un micro au bout d’un pied, éclairés, au centre du plateau. Le public est déjà là, l’artiste non.
Rumeurs, chuchotements, impatience.
Soudain une porte s’ouvre dans le fond de la salle, laisse entrer de la lumière, puis claque violemment.

Une femme entre d’un pas précipité, joues rouges, poings serrés, démarche assurée.
C’est elle, la chanteuse Princess Miranda, celle que toutes et tous sont venus écouter, dans une petite ville de Province, ce soir-là…

MIRANDA.- C’est pas POSSIBLE ! Pas POSSIBLE qu’on puisse entendre encore des /
des CHOSES PAREILLES c’est / BON SANG ! AUJOURD’HUI ! Ça m’fout ça / j’trouve plus mes mots je /
J’PEUX PAS ! J’PEUX PAS faire comme si / j’avais rien entendu, non ? VU même !
J’suis vraiment confuse je sais / pas pour ça qu’vous êtes là ce soir mais / c’est plus fort / plus fort que moi ! MA MÈRE ! MA PROPRE MÈRE ! Dire ça ! L’entendre dire ÇA, LÀ, LÀ, dans le hall d’accueil, au milieu de TOUS, sans / sans aucune gêne c’est / cet APLOMB !
J’étais là, à vous accueillir tous, comme d’habitude et d’un coup une voix, derrière moi :
« Pousse-toi » elle a dit, alors que / alors qu’elle /
« POUSSE-TOI, SALE GRRROS ! » elle a fait, avec son accent, à un qui était là, alors que / qu’elle sait bien / ce que j’ai / ce que nous TRAVERSONS / tous ceux qui /
« POUSSE-TOI, SALE GROS ! ». Mais putain mais c’est QUI ? C’est / c’est ma mère ça ?!
« DEHORS ! » j’lui ai dit. « DEHORS MAMAN, TU M’FAIS HONTE ! »
« FOUS L’CAMP ! » j’lui ai fait.

Et m’voilà devant vous.
COMMENT ?
Comment j’peux faire semblant moi maintenant ? Chanter comme si rien de tout ça n’avait eu lieu LÀ, à l’instant, dans ce hall ! PUTAIN ! Oh excusez-moi les enfants, les jeunes j’veux dire, ça m’a échappé ! Elle devait pas v’nir !
Pas prévu, plus un mot entre nous, depuis des années !
J’aurais jamais crû que / qu’elle oserait je / je tremble.
Faut que ça s’calme là, mon cœur, mes mots.

J’ai bien vu qu’elle était pas dans son état normal. Vous voyez c’que j’veux dire ? Elle / vacillait.
Mais bon, ça s’excuse ÇA ?

Je sens qu’ça va pas / ça va pas être possible de CONTINUER LÀ, COMME ÇA, NORMALEMENT, directement, en chansons.
Faut que j’dise, d’abord. C’est trop plein, raz de marée !
J’veux plus entendre ÇA, d’la bouche de ma mère, ni d’celle d’aucune autre personne d’ailleurs.

Je sais pas si j’chanterai. Certainement beaucoup moins en tous cas.
J’ai besoin d’CAUSER de tout ça avec vous maintenant. Vous voulez bien ? Attention, j’veux pas vous empêcher d’partir si c’est ça que /
Non ? Bon. Merci. Merci d’rester quand même.

C’est drôle parce que justement / justement aujourd’hui, dans c’concert-là, j’voulais partager avec vous trois nouvelles chansons qui / qui parlent de ça.
Enfin, d’mon histoire quoi.
BON SANG MAMAN T’AS TOUT FAIT FOIRER !

Non, non non, c’est pas elle non, c’est moi, juste moi qui / au quart de tour j’suis partie, j’lui ai volé dans les ailes ! J’aurais pu m’contrôler, non ? J’ai appris ça, SELF-CONTROL !
Plus d’dix ans que j’l’ai pas vue / elle vient / elle fait l’pas et moi /
J’pouvais pas la laisser dire ça, non ?

Ça s’dit pas, ça doit même pas se penser des choses comme ça c’est / c’est énorme !
Mais bon, merci maman, finalement tu vois, merci ! T’as rien fait foirer du tout, au contraire, bien au contraire, ça m’permet d’ouvrir une parole, ici, ce soir, avec vous !

(…)

Mamie elle fait que des pulls blancs parce que la neige lui manque

J’ai écrit ce texte inédit pour la Cie Le Bel Après Minuit en juillet 2021 et la Compagnie l’a créé à l’automne 2021 en région parisienne.

Mise en scène : Bénédicte Guichardon
Objets : Bénédicte Guichardon et Odile Stemmelin
Distribution : Nathan Chouchana
Régie : Antoine Cadou en alternance avec Thomas Rouleau-Gallais
Production : Compagnie Le bel après-minuit
Avec le soutien du Théâtre de Chevilly-Larue – André Malraux, de L’Ecam – Le Kremlin Bicêtre du Théâtre Jean Arp – Clamart

Encore plus d’informations en suivant ce lien vers le site de la compagnie : https://www.lebelapresminuit.com/portfolio/mamie-elle-fait-que-des-pulls-blancs-parce-que-la-neige-lui-manque/

Un petit extrait :

Un jeune homme en pull blanc, bien trop court pour lui. On voit son nombril.
Pantalon de lin ou de jute. Pieds nus.
C’est le Petit.
Il nous regarde et danse en silence, des gestes doux, répétitifs, s’accélèrent, ralentissent, saccades, envolée, un arrêt.

LE PETIT. – Vous entendez ? Non ? Ça va venir, écoutez, tendez l’oreille !
Il reprend sa danse. Envolées, gestes doux, répétitifs, ralentissent, s’accélèrent, des saccades.

Une sorte de musique au loin, celle des sons cadencés d’une machine ?

LE PETIT. – Là, vous entendez ? Oui ?
Il reprend sa danse sur cette drôle de mélodie. Il s’arrête.
Ça vous rappelle rien ? Non ? C’est normal c’est pas / pas courant comme / Moi oui. Un flot de souvenirs, tellement.

Il reprend sa danse, elle devient plus rapide, se précise, prend de la place, dessine dans l’espace des mouvements de droite à gauche, dans un sens et puis l’autre.
La drôle de musique s’amplifie, la danse aussi. Le Petit fait des sons avec ses mains sur son corps, il frappe de ses pieds le plateau, il s’élance et retombe, un peu maladroitement.
Il se pose, masse son pied. La musique faiblit peu à peu.

LE PETIT. – « T’as fini d’gigoter ?! » elle m’aurait dit Mamie. « Tu vas encore te faire mal ! »
Mamie elle pouvait pas gigoter. Elle était tombée elle aussi, une fois, une seule, avec mon papi berger, et depuis, elle avait une jambe raide. « Elle veut plus rien savoir !», elle disait, « Fichue guibole, elle sait juste les pédales de Bergljot ! ».

Il se lève, reprend quelques mouvements en silence, il s’arrête.

Bergljot c’était sa machine, son métier à tisser. Un prénom, elle lui avait donné parce que pour elle c’était plus qu’un objet, une sacrée compagnie.
Mamie. C’est pour elle que je danse.
Pour elle j’aimerais, je voudrais, devant tous, une danse, en sa mémoire, le jour de son enterrement.

C’est demain.
« Drôle d’idée » y vont m’dire mes frangins. « Un original toi, jamais pareil comme tout le monde, faut toujours qu’tu ramènes ta fraise d’une façon ! ».
MA façon oui, et j’suis sûr qu’elle plairait à grand-mère.
C’était pas une causante, une bavarde, une pipelette non. Les mots, ils lui faisaient peur je crois bien.
Alors les discours, les au revoir en grandes pompes, non. Elle aimait le silence. Enfin, un silence plein de sons et de mouvements : ceux de la nature et puis ceux de Bergljot.

Aux aurores elle se levait, comme papi d’ailleurs. Mais lui, quand je me levais, il était déjà parti nourrir puis promener ses bêtes. Elle, elle était là, près de la fenêtre ouverte sur la garrigue, une lampe allumée, ses lunettes grossissantes sur son nez, assise devant son ouvrage. Ses mains allaient d’un côté et de l’autre, tenaient la navette d’où se déroulaient le fil du dévidoir et ses pieds pianotaient les pédales de l’engin. C’est cette douce mélodie qui me tirait de mon lit.

Et aussi, celle des sonnailles des moutons, des brebis et des chèvres de papi au loin, ses cris pour les rassembler. Les aboiements de Mila et Django, ses fidèles compagnons : une border collie noire et blanche toute fine, et un berger de La Crau qui était aussi grand que moi à l’époque. Et puis celles du merle, du coucou, des martinets, des hirondelles, des corneilles, des tourterelles et là, tapis dans les herbes, toute une symphonie d’insectes chanteurs démarraient leur journée : cigales, sauterelles, criquets, ils s’en donnaient à cœur joie. J’adorais ça.

Il se remet à danser sur cette symphonie imaginaire.

Vous entendez ?


Précipices

Précipices est une coute pièce pour adolescents, que j’ai écrite en 2019 pour la Cie du Réfectoire à Bordeaux. Elle a été publiée en mai 2021 aux Éditions Théâtrales Jeunesse et créé en juillet 2021 au Centre Culturel Simone Signoret de Canéjean, dans une mise en scène de Patrick Ellouz, et interprétée par un groupe d’adolescents de 9 à 13 ans.

Extrait (début du texte) :

Un groupe d’adolescents, filles et garçons mêlés.

Sur une falaise rocheuse enneigée. C’est l’hiver.

Doudounes, bonnets, gants, boots.

  1. Souvenir

– C’est ici

– Là

– Y’ a un an

– C’est ici qu’il nous a convoqués
– Normal

– Notre lieu

– Notre rencard

– Notre montagne

– Notre falaise

– Pas la sienne

– Non pas la sienne

– On le voulait pas là

– Avec nous

– Trop étrange 

– Différent

– Notre endroit quand on voulait blaguer

– Bien planqués des parents

– Il était pas pour lui

– Ouais lui il en avait plus

– De quoi ?

– De parents

– Non 

– Plus depuis le jour

– De la grande avalanche

– Le monstre blanc ils l’avaient appelée 

– Dans toute la vallée

– Elle avait avalé des enfants, des parents, grands-parents
– Bien debout sur leurs skis

– En promenades, en raquettes

– Juste ici 

– Là 

– En dessous

– Et aussi des renards des chevreuils et des cerfs

– Des brebis et des chèvres et des vaches

– Des lapins, des belettes, des marmottes

– Et les chiens

– Non pas de chiens

– Si ceux des bergers

– Oui je sais celui de mon cousin mon Patou il s’est fait emporter mais c’est pas ça que je 

– Alors quoi ?

– Je voulais dire les chiens ceux qui recherchent les gens

– Ah les héros !

– Les maousses !

– Les costauds !

– Oui ceux qui traquent les souffles

– Un battement sous la glace

– Oui ceux-là n’avaient rien pu trouver

– Rien ramener aux familles

– « La couche était bien trop épaisse » 

– Avaient dit les gendarmes

– Et leurs petites pattes bien que très efficaces

– S’étaient vite épuisées et gelées à gratter à creuser

– Sans jamais rien trouver jusqu’au printemps suivant

– A la fonte des glaces

– Ouais passe

– Quoi ?

– Les retrouvailles les funérailles

– Les corps momifiés

– Faut bien dire

– Passe j’te dis !

– Ok

– On est pas là pour ça

– On est juste là pour lui

– Oui

Silence

Danse Célestine

https://www.editionstheatrales.fr/livres/danse-celestine-1597.html

J’ai écrit « Danse Célestine » en 2018, suite à une commande de Marjolaine Baronie, directrice / metteuse en Scène de la Cie Bobine Etc, et durant une résidence à La Chartreuse de Villeneuve Lez Avignon.

Création à l’automne 2023 par la Compagnie le Son des Mots (13). Mise en scène de Claire Philippe.
Création à l’automne 2023 par l’ensemble Sylf et la Compagnie Petitgrain.

Article paru dans Télérama en juin 2021 :

Carnet pédagogique sur Danse Célestine, réalisé par Annie Quenet, à la demande des Éditions Théâtrales : https://www.editionstheatrales.fr/pedagogique/les-carnets/danse-celestine/

TAP TAP TAP Podcast : Théâtre à la page propose des discussions autour de pièces de théâtre jeune public impliquant des membres de l’association et des élèves découvrant les pièces. Écouter l’épisode consacré à Danse Célestine